Larache: Clôture en apothéose du 11è Festival équestre international de Mata

Le rideau est tombé,  hier dimanche  à Madchar Zniyed, dans la commune Larbaâ Ayacha (province de Larache), dans une ambiance festive et conviviale, sur la 11è édition du Festival équestre international de Mata.

La cérémonie de clôture de cette manifestation, organisée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’initiative de l’Association Alamia Laaroussia pour l’action sociale et culturelle, en partenariat avec le Festival international de la diversité culturelle de l’UNESCO, a réservé le meilleur pour la fin et s’est distinguée par le grand spectacle de Mata animé par environ 310 cavaliers de la région.

Le vainqueur est celui qui arrive à user de son adresse et de sa hardiesse pour arracher la poupée aux autres cavaliers et l’emporter au loin.

Lors de cette cérémonie, qui s’est déroulée en présence notamment du gouverneur de la province de Larache, Bouassam El Alamine, le président de l’Université Abdelmalek Essaâdi, Bouchta El Moumni, et de nombre d’acteurs culturels et civils, les festivaliers ont apprécié une performance exceptionnelle à travers des spectacles artistiques populaires reflétant la symbolique de la célébration de cette manifestation qui contribue à préserver un patrimoine civilisationnel immatériel ancestral et fait revivre des traditions séculaires de la région.

Dans une déclaration à la MAP et à sa chaine de l’information en continu M24, le président du festival, Nabil Baraka, a souligné que cette édition a été remarquable par la qualité des cavaliers hors pair participants au jeu Mata, qui dominent leurs chevaux et fidèles à la tradition, notant que les passionnés de l’équitation et du patrimoine ancestral de la région ont été conviés à une fête spirituelle et des spectacles culturels et sportifs exceptionnels.

M. Baraka a fait savoir que cet événement, placé sous le thème « Mata, patrimoine de l’humanité et rencontre des cultures », a attiré plus de 310 cavaliers de différents tribus et a accueilli un nombre important de visiteurs venus renouer ou découvrir les traditions et l’héritage ancestral de la région, notant que cette édition a proposé une programmation riche et diversifiée.

Pour sa part, le directeur du festival, Omar Haji, a indiqué que cette manifestation de trois jours a connu une grande affluence des amateurs de l’équitation et de ce jeu populaire venus des quatre coins du monde, et a été marquée par l’organisation d’une exposition des produits locaux et d’artisanat avec la participation d’environ 72 exposants issus des provinces du Sud, l’invité permanent du festival, et de la région du Nord, relevant que cette exposition a permis aux visiteurs de découvrir la variété et la richesse des trésors du terroir des deux régions.

M. Haji a affirmé que cet événement a été l’occasion pour les invités et les visiteurs nationaux et internationaux de voyager dans l’histoire, grâce à la compétition de tradition ancestrale « MATA », de découvrir les expositions des produits du terroir et de l’artisanat marocain et d’assister aux différentes soirées de chants soufis et aux spectacles folkloriques organisés à cette occasion.

Cette édition a été ponctuée par plusieurs activités d’animation, dont une campagne de sensibilisation sur le respect de l’environnement, et des jeux pour enfants, ainsi que des concerts de musique Jeblie et populaire.

Intervenant à l’ouverture de cet événement, le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a annoncé que la procédure a été lancée pour inscrire la compétition équestre Mata sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, conformément à la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI, visant à valoriser le patrimoine culturel marocain à l’échelle internationale, notant qu’il sera procédé également à l’inscription de ce jeu sur la liste du patrimoine immatériel de l’ISESCO.

Le jeu « MATA », qui fait appel au courage, à l’adresse, à la souplesse, à la délicatesse, à l’intelligence et à la finesse de ceux qui s’y adonnent, est probablement inspiré du Bouzkachi, un jeu similaire mais plus violent, importé, selon la légende, par Moulay Abdeslam lbn Mashich lors de sa visite à Ibn Boukhari. Le bouzkachi pratiqué en Afghanistan a pour enjeu le cadavre d’une chèvre que se disputent les cavaliers dans des joutes brutales qui font de nombreux blessés.

Ce rendez-vous annuel célèbre une culture ancestrale par laquelle s’exprime le sens de l’honneur réhabilité, la foi enracinée, le patriotisme comme école soufie et les valeurs spirituelles et universelles; tout l’héritage humaniste légué par le grand Quotb Moulay Abdeslam Ibn Mashich aux Chorfas Alamiyines, à la Tarika Mashichiya Shadhiliya et aux habitants de cette région exceptionnelle.

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