Trois questions à la présidente du Festival des Trois Rives “Tanger Chante le Monde”, Nadia Benjelloun

Alboughaz news : La ville du Détroit a accueilli du 29 mai au 1er juin, la 1ère édition du Festival des Trois Rives “Tanger Chante le Monde”, un évènement culturel qui célèbre la richesse culturelle de Tanger, à travers une programmation riche et variée, à l’image de la ville, alliant rencontres littéraires, moments poétiques, exposition et spectacles en plein air.

Dans un entretien accordé à la MAP, la présidente du festival, Nadia Benjelloun, souligne que le programme de cette première édition a été concocté de façon à rendre hommage à Tanger, ville aux “regards croisés” animée par un véritable désir de vivre ensemble. Mais pas seulement.

Pour Mme Benjelloun, cette manifestation culturelle, placée sous le signe du partage et du vivre-ensemble, aspire également à transmettre un message de paix et d’espoir dans un monde marqué par les crises et les conflits, à la faveur de l’art, qui reste, à son sens, une forme de résistance et une façon de dire que, malgré tout, la beauté et la création ont toujours leur place dans ce monde.
1- D’où vient l’idée du Festival des Trois Rives “Tanger chante le monde”, et quelle est sa particularité ?

J’ai toujours été animée par le désir de refléter la diversité culturelle de la ville de Tanger et son ouverture sur le monde à travers un événement culturel qui se veut à son image, d’où l’idée d’organiser le “Festival des Trois Rives, Tanger chante le monde”. Je l’ai intitulé ainsi en faisant référence à la rive du Nord, à la rive du Sud, mais aussi à une troisième rive qui fascine, celle de l’ailleurs que chacun voit, selon les penchants de son âme, comme un rêve d’ailleurs, d’ouverture à l’autre, de spiritualité ou de contemplation.

L’idée est de magnifier Tanger, une ville très attractive qui regorge de richesses historiques et culturelles, et de faire plaisir à ceux qui l’aiment, ceux qui viennent, ceux qui partent et ceux qui y habitent, à travers un festival placé sous le signe de la diversité, dont la programmation allie concerts, échanges littéraires et moments poétiques.

C’est d’ailleurs là où réside toute sa particularité, puisqu’il ne s’agit pas seulement d’un festival musical, mais d’un événement culturel haut en couleur, où la littérature, la poésie et les arts sont mis à l’honneur.
2- Comment cette manifestation culturelle contribue-t-elle à la promotion de la richesse culturelle du Royaume ?

A travers ce festival, nous espérons contribuer à ce rayonnement en célébrant la diversité, la créativité et la richesse musicale du Royaume. Car la musique au Maroc, bien plus qu’un héritage, exprime des liens ancestraux avec d’autres cultures du monde.

Dans ce sens, le choix de Tanger n’est pas anodin, puisque cette ville a toujours été un carrefour, une passerelle qui a connu, à différents moments de son histoire, des influences extérieures qu’elle a su absorber tout en rayonnant par sa propre identité.

C’est d’ailleurs cette circulation d’influences et cette capacité de dialogue et d’ouverture que le festival a œuvré à mettre en lumière tout on long de ces quatre jours, à travers des concerts qui ont illustré cette diversité et des conférences qui ont permis d’expliquer et de contextualiser ce lien profond entre la culture marocaine et le reste du monde, s’appuyant ainsi sur des langages universels, à savoir la musique et la littérature.

J’espère que ce festival, dès sa première édition, pourra impulser un véritable élan qui permettra de promouvoir davantage la mise en valeur de la richesse culturelle de Tanger, et à travers elle, celle du Maroc dans toute sa profondeur.

3- Quel rôle joue la culture dans le développement de la ville de Tanger et son rayonnement à l’international ?

La culture joue un rôle essentiel dans le développement d’une ville, et c’est particulièrement vrai pour Tanger qui s’est construite à travers de multiples influences.

Cette ville profondément marquée par le voyage, l’échange et la rencontre, rayonne déjà à l’échelle internationale. Pour preuve, Tanger a toujours attiré des voyageurs, des artistes, des écrivains et des penseurs, et continue toujours de le faire. Avec ce festival, nous espérons modestement contribuer au renforcement de ce rayonnement, en donnant envie aux Marocains et aux visiteurs étrangers de venir découvrir la richesse de cette ville unique.

C’est tout le sens d’ailleurs du titre “Tanger chante le monde”. Le mot “chante” ne renvoie pas seulement à la musique, il évoque aussi l’idée de célébrer, de sublimer, de rendre hommage à Tanger.

Bien évidemment, une première édition n’est jamais facile, mais j’espère que, pas à pas, aux cotés d’autres événements existant déjà, ce festival contribuera à enrichir le paysage culturel de la ville.

A travers l’organisation de cette 1ère édition du festival, j’ai également souhaité transmettre un message d’espoir et de paix dans un monde marqué par les crises et les guerres. Un message à travers lequel on véhicule l’idée que la joie peut exister même dans la peine. L’art est, à mon sens, une forme de résistance et une façon de dire que malgré tout, la beauté, l’échange et la création ont leur place dans ce monde.

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